Véritables vitrines pour les arts de la rue et les arts du cirque, les revues de HorsLesMurs valorisent ces secteurs artistiques et participent à la constitution dune mémoire collective. Par ailleurs, Arts de la piste et Scènes urbaines (à la suite de Rue de la Folie) jouent un rôle essentiel pour favoriser létude, la critique et la réflexion dans ces domaines.
Les deux revues ont été conçues élaborées dans un contexte où la reconnaissance en termes d'image, de prestige et de mémoire était une priorité de ces secteurs dits alors "émergents". La politique éditoriale doit faire lobjet dune réflexion en étroite collaboration avec le comité dorientation et de réflexion et le ministère de la Culture.
En effet, il se pose aujourd'hui autour de la pérennité de ces revues un certain nombre de questions qu'il convient de résoudre :
Les ambitions et les objectifs de ces revues sont-elles les mêmes aujourdhui ?
A quels publics ces revues sont-elles destinées ?
Est-ce le rôle de HorsLesMurs de les éditer ?
Depuis leur création, les deux revues de HorsLesMurs ont souvent été au centre de débats avec la profession et le ministère. Plusieurs hypothèses ont déjà été avancées : un positionnement plus grand public, la coédition des revues, la suppression des revues, une seule revue pour les deux secteurs, etc.
Sans préjuger des conclusions du comité de réflexion, je pense qu'il convient de dissocier l'analyse entre Arts de la piste et Scènes urbaines. Car si l'existence de ces deux revues soulève aujourd'hui certaines interrogations communes, leur impact n'est pas le même.
Le positionnement Rue de la Folie (neuf numéros publiés de 1998 à 2000, trimestriel) comme revue d'analyse et de réflexion d'orientation très intellectuelle n'a pas permis à la revue de trouver son lectorat, et le nombre d'abonnés est resté confidentiel. Fonctionnant sans comité de rédaction, sans équipe de rédacteurs réguliers, desservie par une mise en page difficile, la revue n'a jamais convaincu les professionnels. Scènes urbaines (deux numéros parus en 2002, semestriel) qui a changé de contenu, de maquette et de format, n'a toujours pas de positionnement clair et n'a pas abouti à une modification sensible des ventes.
En revanche, après six ans d'existence et vingt-sept numéros, Arts de la piste a trouvé sa place. Elle est désormais reconnue par la profession et par l'institution comme la revue de référence des arts du cirque. La planification par le comité de rédaction des thèmes traités dans les dossiers, le principe de thématiques alternant disciplines (l'art de la jongle, l'art du trapèze) et questions transversales (la formation, le campement, musique et cirque
), la constitution d'une équipe de rédacteurs et collaborateurs ont fait leurs preuves.
Si la présentation haut de gamme (revue en couleur, papier de qualité, esthétisme des couvertures, soin apporté à la qualité des articles, aux photos, à la maquette, à l'impression) et un processus de réalisation professionnel contribuent à donner ses lettres de noblesse aux arts du cirque, ils en font aussi une revue relativement chère à réaliser. De plus, on constate régulièrement qu'elle est très mal connue, en raison d'un déficit de communication et d'un problème récurrent de diffusion.
Les contraintes budgétaires liées aux éditions des revues sont de plus en plus fortes. Pour Arts de la piste, les ventes par abonnement sont insuffisantes et ne sont pas à la hauteur de l'image extrêmement positive de la revue auprès de ses lecteurs et de l'institution. Elargir la diffusion et le lectorat est certainement l'une des réponses au poids des revues dans le budget de l'association. Depuis la création des revues, le travail de diffusion a été quelque peu délaissé. Il faut poursuivre ce qui a été commencé cette année, mais en utilisant des méthodes plus commerciales afin d'atteindre le public des spectateurs qui, souvent, ne connaissent pas l'existence des revues de HorsLesMurs.
Je propose de considérer 2003 comme une période de transition. Un statu quo serait maintenu, avec la publication des trois prochains numéros de Arts de la piste, (nos 28, 29 et 30), et des deux numéros de Scènes urbaines (nos 3 et 4). En parallèle, une réflexion constructive avec la profession et le ministère de la Culture serait mise en uvre avec comme objectif de parvenir, à la fin de l'année 2003, à des décisions concrètes concernant l'avenir des revues et leur évolution. |